Une audioprothésiste au travail

Quand consulter un audioprothésiste

Redaktion Hörst Magazin8 min de lecture

La perte auditive évolue souvent de manière insidieuse, si bien que beaucoup de personnes ne remarquent pas tout de suite que leur audition baisse. Ce sont souvent les amis, le conjoint ou les membres de la famille qui sont les premiers à remarquer ces changements. Mais quel est le bon moment pour consulter un audioprothésiste? Nous vous expliquons les principaux signes avant-coureurs, le déroulement d'un test auditif professionnel et nous vous montrons pourquoi une intervention précoce peut faire toute la différence.

L'essentiel en bref

  • Si vous avez des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant, il est recommandé de prendre rendez-vous chez un audioprothésiste
  • Le fait de demander fréquemment aux gens de répéter et l'impression que les autres marmonnent peuvent indiquer des problèmes auditifs
  • Si vous devez régulièrement augmenter le volume de la télévision ou de la radio, il est conseillé de faire contrôler votre audition
  • À partir de 50 ans, il est recommandé de passer régulièrement des tests auditifs à titre préventif
  • La première consultation chez l'audioprothésiste est simple et comprend un entretien ainsi que différents tests auditifs
  • Une ordonnance d'un ORL est nécessaire pour que les frais soient pris en charge par la caisse d'assurance maladie

Premiers signes indiquant la nécessité d'un test auditif

Dans la plupart des cas, une perte auditive ne se développe pas du jour au lendemain, mais de manière insidieuse, sur plusieurs mois ou années. En raison de cette évolution lente, les personnes concernées ne se rendent souvent pas compte de leur déficience pendant longtemps ou la refoulent. Certaines situations et certains comportements peuvent toutefois servir de signaux d'alerte et indiquer qu'une consultation chez un audioprothésiste serait utile.

Problèmes de compréhension lors des conversations

L'un des premiers signes les plus courants d'une perte auditive naissante est la difficulté à suivre les conversations dans un environnement bruyant. Les restaurants, les fêtes de famille ou les lieux publics avec beaucoup de bruit de fond deviennent un véritable défi. Les voix ne peuvent plus être clairement distinguées des bruits ambiants, et il est difficile de suivre chaque interlocuteur. Ce phénomène est parfois appelé « effet cocktail party ». Si de telles situations sont régulièrement source de stress ou sont évitées, il est conseillé de faire contrôler son audition.

Demander fréquemment de répéter et avoir l'impression que l'on marmonne

Si vous demandez de plus en plus souvent à ce qu’on vous répète quelque chose ou si vous avez l’impression que vos interlocuteurs parlent de manière indistincte, vous devriez y prêter attention. Souvent, ce sont certaines fréquences aiguës ou certaines consonnes telles que s, f, p ou t qui ne sont plus correctement perçues. La parole apparaît alors comme un murmure indistinct, même si la personne qui parle s'exprime clairement. Le sentiment de deviner les mots plutôt que de les comprendre peut également être un signe de baisse de l'audition.

Augmentation du volume de la télévision et de la radio

Un signe avant-coureur typique est le besoin constant d’augmenter le volume de la télévision ou de la radio. Souvent, les personnes concernées ne s’en rendent pas compte, tandis que les membres de la famille ou les colocataires trouvent ce volume trop élevé gênant. Si l'on vous fait régulièrement remarquer que la télévision est trop forte, cela devrait vous inciter à faire contrôler votre audition. Des conseils pour améliorer le volume sonore dans la pièce lorsque vous regardez la télévision peuvent également s'avérer utiles.

Signaux d'alerte sociaux et émotionnels

Outre les signes purement acoustiques, certains changements de comportement et dans la vie sociale peuvent également indiquer des problèmes auditifs. Ces signaux d'alerte sont souvent sous-estimés, bien qu'ils constituent des indicateurs importants.

Retrait social et situations évitées

Un changement de comportement social est un indice important qui indique la nécessité de consulter un audioprothésiste. Si des invitations sont déclinées ou si certaines situations sont évitées parce que les conversations sont devenues trop fatigantes, cela doit être pris au sérieux. Les conversations de groupe au restaurant ou lors de fêtes deviennent un fardeau, et de nombreuses personnes concernées se replient de plus en plus sur elles-mêmes. Ce retrait social peut être un signal d’alarme qui nécessite une intervention précoce afin d’éviter des conséquences psychologiques telles que l’isolement.

Fatigue et épuisement après les conversations

Un signe avant-coureur souvent négligé est l'épuisement après des conversations normales ou des situations d'écoute prolongées. Lorsque l'audition est altérée, le cerveau doit compenser les informations manquantes. Cet effort constant demande de l'énergie et peut entraîner une fatigue physique et émotionnelle. Toute personne qui remarque que les conversations normales sont disproportionnellement épuisantes devrait envisager de prendre rendez-vous chez un audioprothésiste.

Retrait social et situations évitées

Un indice important indiquant la nécessité de consulter un audioprothésiste est le changement de comportement social.

Fatigue et épuisement après les conversations

Un signe avant-coureur souvent négligé est l'épuisement après des conversations normales ou des situations d'écoute prolongées.

Situations particulières justifiant une consultation chez un audioprothésiste

Il existe certaines situations et circonstances dans lesquelles une consultation chez un audioprothésiste est particulièrement recommandée. Cela inclut les changements liés à l'âge ainsi que l'apparition soudaine de symptômes.

Dépistage régulier à partir de 50 ans

Le risque de perte auditive liée à l'âge augmentant avec l'âge, des tests auditifs réguliers sont particulièrement recommandés pour les personnes de plus de 50 ans. Les cellules ciliées de l'oreille interne s'usent au cours de la vie et ne peuvent pas être remplacées. Un bilan de routine permet de détecter les changements à un stade précoce. Statistiquement, la première mise en place d'une aide auditive n'intervient souvent qu'à la fin de la soixantaine, alors qu'une prise en charge plus précoce serait médicalement plus judicieuse.

Acouphènes et bruits dans les oreilles

Outre les difficultés de compréhension, des sifflements ou des bourdonnements constants dans les oreilles, appelés acouphènes, peuvent être le signe d’une perte auditive naissante et doivent faire l’objet d’un examen. Paradoxalement, une hypersensibilité aux bruits forts peut également indiquer une déficience auditive, car la gamme dynamique de l'audition peut être réduite. Dans de tels cas, l'audioprothésiste peut vous conseiller sur la possibilité que les aides auditives soulagent également les acouphènes.

Perte auditive unilatérale et problèmes d'orientation

L'audition bilatérale est essentielle pour la perception spatiale des sons et l'orientation. Si vous rencontrez des difficultés à localiser les sources sonores ou si vous avez l'impression d'entendre moins bien d'une oreille, il est recommandé de consulter rapidement. Seule une prise en charge des deux oreilles permet de préserver la perception spatiale et la capacité du cerveau à distinguer les sons importants des bruits parasites.

Conséquences possibles d'une perte auditive non traitée

Une perte auditive n'affecte pas seulement l'oreille, mais peut avoir des répercussions importantes sur différents aspects de la vie. La connaissance de ces conséquences potentielles peut renforcer la motivation à consulter un audioprothésiste à un stade précoce.

Lien avec les changements cognitifs

Des études scientifiques indiquent un lien possible entre une perte auditive non traitée et des troubles cognitifs. Lorsque la capacité auditive est réduite, le cerveau doit mobiliser davantage de ressources pour traiter les informations auditives. À long terme, cette surcharge constante peut mobiliser des capacités cognitives. De plus, l’isolement social lié à la perte auditive peut constituer un facteur de risque supplémentaire. Pour plus d'informations, consultez le guide sur la perte auditive et la démence.

Éviter la privation auditive

Un aspect rarement pris en compte, mais important, est ce qu’on appelle le « déshabituation auditive ». Si le cerveau ne reçoit pas suffisamment de stimuli acoustiques pendant une longue période, il peut littéralement désapprendre à comprendre le langage. Plus on retarde la consultation chez l’audioprothésiste, plus il peut être difficile par la suite de réhabituer le cerveau à traiter le langage. Agir rapidement permet d’éviter ce processus de dégradation et améliore les chances de réussite d’un traitement ultérieur.

Le premier rendez-vous chez l'audioprothésiste

Beaucoup de personnes repoussent leur visite chez l'audioprothésiste parce qu'elles ne savent pas trop à quoi s'attendre. Le déroulement de la consultation est pourtant simple et indolore. Un aperçu des différentes étapes peut aider à surmonter les appréhensions.

Anamnèse et examen du conduit auditif

Le premier rendez-vous commence par une anamnèse détaillée, au cours de laquelle la situation de vie et les besoins auditifs individuels sont abordés. L'audioprothésiste vous interroge sur les situations dans lesquelles des problèmes auditifs surviennent, sur votre environnement professionnel et vos habitudes personnelles. Il procède ensuite à une inspection du conduit auditif à l'aide d'un otoscope afin d'exclure tout obstacle physique tel que du cérumen ou d'autres anomalies. Cet examen est indolore et ne dure que quelques minutes.

Audiométrie tonale et vocale

Le test auditif proprement dit comprend différentes méthodes de mesure. Lors de l'audiométrie tonale, des sons de différentes fréquences et intensités sont diffusés via un casque. La personne testée indique à partir de quel moment elle perçoit un son. Lors de l’audiométrie vocale, des mots ou des chiffres sont diffusés et doivent être répétés. Cela permet de déterminer dans quelle mesure la parole est comprise dans un environnement calme et en présence de bruits parasites. L’ensemble de la procédure dure environ 30 à 45 minutes et sert de base à la consultation individuelle.

Consultation et étapes suivantes

Après le test auditif, l'audioprothésiste discute des résultats et explique s'il y a une perte auditive et dans quelle mesure. Si nécessaire, différentes options de prise en charge sont présentées, allant des appareils auditifs à d'autres aides auditives. De nombreux audioprothésistes proposent de tester les appareils auditifs au quotidien, sans engagement, avant de prendre une décision définitive. Pour que les frais soient pris en charge par la caisse d'assurance maladie, une ordonnance d'un médecin ORL est ensuite nécessaire.

L'audioprothésiste ou l'ORL: par qui commencer?

On se demande souvent s'il faut consulter d'abord l'audioprothésiste ou l'ORL en cas de suspicion de problèmes auditifs. Les deux options sont possibles et ont leur raison d'être.

L'accès facile chez l'audioprothésiste

Un test auditif sans engagement chez l'audioprothésiste est souvent la première étape la plus simple. De nombreux audioprothésistes proposent des tests auditifs gratuits, accessibles sans ordonnance. L'audioprothésiste peut donner une première évaluation et, si nécessaire, recommander de consulter un ORL. Si le soupçon d'une perte auditive nécessitant un traitement se confirme, une ordonnance d'un ORL est obligatoire pour que la prise en charge des frais soit assurée par la caisse d'assurance maladie.

La voie médicale via l'ORL

En cas de perte auditive soudaine, de douleurs auriculaires ou d’autres troubles, il convient de consulter en premier lieu un ORL afin d’en déterminer les causes médicales. L'ORL procède à un examen complet et peut déterminer si la perte auditive est traitable ou s'il serait judicieux de recourir à des appareils auditifs. Le diagnostic médical sert de base à la prescription d'appareils auditifs et à la prise en charge des frais par la caisse d'assurance maladie.

Que se passe-t-il après le premier test auditif?

La visite chez l'audioprothésiste ne doit pas être considérée comme un événement ponctuel, mais peut marquer le début d'un processus plus long. Plusieurs rendez-vous sont généralement nécessaires, notamment pour l'adaptation des appareils auditifs.

Réglage fin et phase d'adaptation

Lorsqu’une aide auditive est adaptée, le premier rendez-vous est suivi d’autres séances de réglage fin. Après une phase d’essai au quotidien, les réglages sont ajustés, par exemple si la propre voix semble inhabituelle ou si certains bruits sont gênants. Cette phase est importante pour garantir l’acceptation des appareils et maximiser le succès auditif. Le cerveau doit s’habituer aux nouvelles informations acoustiques, ce qui peut prendre plusieurs semaines.

Contrôles et entretien réguliers

Même après la mise en place initiale, il est judicieux de consulter régulièrement l’audioprothésiste. Le nettoyage et l’entretien professionnels des appareils garantissent leur durée de vie, qui est généralement de cinq à sept ans. De plus, l’audition doit être testée à intervalles réguliers afin de détecter d’éventuels changements et de réajuster les appareils auditifs en conséquence. Un bon audioprothésiste propose ces services ainsi que des rendez-vous de contrôle annuels dans le cadre de la prise en charge.