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Apprendre la langue des signes allemande (DGS)

Redaktion Hörst Magazin10 min de lecture

La langue des signes allemande ouvre la voie à une forme fascinante de communication visuelle. Que ce soit pour des raisons professionnelles, pour communiquer avec des personnes sourdes ou par simple intérêt personnel, il vaut la peine de se lancer dans l'apprentissage de cette langue à part entière. Découvrez comment réussir votre apprentissage, quelles méthodes ont fait leurs preuves et ce qui est essentiel en matière de grammaire, de mimiques et de mise en pratique.

L'essentiel en bref

  • La langue des signes allemande (DGS) est reconnue légalement depuis 2002 comme une langue à part entière et possède sa propre grammaire
  • L’alphabet manuel constitue la base de l’apprentissage et permet d’épeler des termes inconnus
  • Les expressions faciales et la posture font partie intégrante de la grammaire de la DGS; elles ne servent pas uniquement à exprimer des émotions
  • Les cours en présentiel dispensés dans les universités populaires ou les écoles de langue des signes offrent un retour direct, tandis que les cours en ligne permettent de s’exercer de manière flexible
  • Le contact avec la communauté des sourds est indispensable à l'apprentissage pratique de la langue
  • Il existe également des dialectes régionaux en DGS, c’est pourquoi il est judicieux de se concentrer sur une variante particulière au début

Les bases de la langue des signes allemande

Avant d’entamer le processus d’apprentissage proprement dit, il est utile de comprendre les bases linguistiques afin d’éviter les malentendus courants. La langue des signes allemande diffère fondamentalement de la langue allemande parlée et obéit à ses propres règles.

Reconnaissance et statut de la langue des signes allemande

La langue des signes allemande est reconnue comme une langue à part entière depuis 2002 par la loi sur l’égalité des personnes handicapées. Elle n’est donc pas considérée comme un outil d’aide ou une version simplifiée de l’allemand, mais comme un système linguistique à part entière, doté d’un vocabulaire propre et d’une grammaire complexe. Cette reconnaissance légale a des conséquences importantes: les personnes sourdes ont droit, dans certaines situations, à un interprète en langue des signes, par exemple lors de démarches administratives ou dans le domaine de la santé.

La DGS est une langue visuelle et manuelle qui s’est développée naturellement. Elle n’a pas été construite artificiellement, mais s’est développée au fil des générations au sein de la communauté des sourds. Quiconque souhaite apprendre la langue des signes doit respecter cette autonomie dès le départ et comprendre qu’il ne s’agit pas d’une traduction gestuelle de l’allemand.

Différences internationales et dialectes

Une idée fausse très répandue consiste à penser que la langue des signes est uniforme à l’échelle internationale. En réalité, il existe plus de 300 langues des signes différentes à travers le monde. La langue des signes américaine (ASL) aux États-Unis diffère considérablement de la langue des signes allemande, tout comme la langue des signes suisse alémanique (DSGS) ou la langue des signes autrichienne (ÖGS). Il est donc expressément recommandé aux personnes vivant en Allemagne d’apprendre la DGS afin de pouvoir communiquer avec la communauté des sourds locale.

Au sein même de la DGS, il existe également des variantes régionales et des dialectes. En raison, historiquement, de l’existence d’écoles pour sourds distinctes dans différentes villes, des signes différents se sont développés pour désigner des notions quotidiennes telles que les jours de la semaine, les couleurs ou les noms de villes. Le signe pour « lundi » à Berlin peut différer de celui utilisé à Munich. Pour débuter, il est conseillé de se concentrer d’abord sur une variante régionale, puis de se familiariser par la suite avec d’autres dialectes.

Les premiers pas dans l’apprentissage

Une approche structurée facilite considérablement l'accès à la langue des signes. De l'alphabet manuel aux premières paroles, en passant par des phrases simples, les compétences linguistiques se construisent progressivement.

L'alphabet manuel comme base

Le processus d’apprentissage commence idéalement par l’alphabet manuel. Ce système permet d’épeler des mots avec les doigts d’une main et sert de passerelle entre la langue parlée et la langue des signes. Les noms propres, les mots étrangers ou les termes encore inconnus peuvent ainsi être communiqués, même si le signe correspondant n’est pas encore connu.

L’apprentissage de l’alphabet digital se fait facilement devant un miroir. Cela permet de vérifier si les formes des mains sont clairement reconnaissables. Il est important de garder la main immobile, sans mouvements inutiles entre les lettres. C’est la pratique régulière, et non la vitesse, qui permet d’épeler avec aisance. Les droitiers utilisent généralement la main droite, les gauchers la main gauche. Il convient de conserver cette dominance manuelle afin de ne pas perturber la fluidité de l’expression.

Premier vocabulaire et communication quotidienne

Après l’alphabet manuel viennent les mots de base pour la communication quotidienne. Les formules de salutation telles que « Bonjour », « Bonsoir » ou « Au revoir » constituent un bon point de départ. Les expressions telles que « Merci », « S’il vous plaît » et « Excusez-moi » sont tout aussi importantes. Se présenter en indiquant son nom, son lieu de résidence et quelques informations personnelles simples permet d’engager de premières petites conversations.

Certains signes sont iconiques, c’est-à-dire figuratifs et compréhensibles de manière intuitive. Le signe pour « boire », par exemple, imite le mouvement consistant à boire. La plupart des signes sont toutefois abstraits et doivent être appris de manière systématique, à l’instar du vocabulaire d’une langue étrangère. Les dictionnaires et les outils de référence numériques aident à enrichir son vocabulaire. Il est essentiel de ne pas apprendre les nouveaux mots de manière isolée, mais de les utiliser rapidement dans des phrases simples.

Exercices pour le quotidien

Des exercices réguliers permettent de consolider les acquis. Répéter quotidiennement des signes connus, nommer des objets de son environnement ou s’entraîner devant un miroir sont des méthodes efficaces. Regarder des vidéos de personnes sourdes utilisant la langue des signes permet également d’entraîner la compréhension visuelle. Si vous n’avez pas de contact direct avec des locuteurs natifs, vous pouvez améliorer votre sens de la langue et découvrir différents styles de langue des signes en regardant la télévision en langue des signes.

L'alphabet digital comme base

Idéalement, le processus d’apprentissage commence par l’alphabet manuel.

Premier vocabulaire et communication quotidienne

Après l’alphabet digital viennent les premiers mots de vocabulaire nécessaires à la communication quotidienne.

Exercices pour le quotidien

Des exercices réguliers permettent de consolider les acquis.

Grammaire et structure de la langue des signes allemande (DGS)

La grammaire de la langue des signes allemande obéit à ses propres règles, qui diffèrent de celles de la langue allemande parlée. La compréhension de ces structures est indispensable pour une communication fluide.

Structure des phrases et syntaxe

L'ordre des mots en langue des signes allemande diffère de celui de l'allemand parlé. Alors qu'en allemand, le verbe occupe souvent la deuxième place, il apparaît fréquemment à la fin de la phrase en langue des signes allemande. Les indications temporelles sont généralement placées au début de la phrase afin d'établir le cadre temporel. Une phrase telle que « Demain, je rends visite à mes parents » suivrait plutôt, en langue des signes allemande, la structure « Demain je parents rendre visite ».

Cette structure de phrase n’est pas arbitraire, mais obéit à une logique qui lui est propre et qui permet une communication efficace. Les questions ouvertes (qui, quoi, comment, où) sont également placées en fin de phrase. Le mot interrogatif se trouve à la fin de la phrase et est identifié comme une question par des expressions faciales appropriées. La meilleure façon d’assimiler ces particularités grammaticales est de les mettre activement en pratique.

L’importance des expressions faciales et de la position des lèvres

Dans la DGS, les expressions faciales sont bien plus qu’une simple expression émotionnelle. Il s’agit d’un élément grammatical qui permet de nuancer les significations et de marquer les types de phrases. Des sourcils relevés indiquent par exemple des questions fermées (oui/non), tandis que des sourcils froncés marquent les questions ouvertes. Les adjectifs tels que « grand » ou « petit » sont renforcés ou atténués par les expressions faciales qui les accompagnent.

La forme de la bouche complète les signes des mains et aide à distinguer des signes au sens similaire. Il ne s’agit pas de prononcer silencieusement le mot entier, mais souvent seulement de former le radical du mot ou un mouvement spécifique de la bouche. Une personne qui signe sans expressions faciales donne une impression monotone et risque de provoquer des malentendus. L’entraînement des expressions faciales fait donc partie intégrante du processus d’apprentissage.

Utilisation de l’espace et verbes de direction

La DGS utilise l’espace tridimensionnel devant le corps comme outil grammatical. Les personnes, les lieux ou les objets sont « localisés » dans l’espace et peuvent être désignés par des gestes de pointage. Cette localisation remplace de nombreux pronoms et prépositions de la langue parlée.

Les verbes de direction changent de sens de mouvement selon le sujet et l’objet. Le geste signifiant « demander » se déplace dans une direction différente selon qu’il s’agit de « je te demande » ou de « tu me demandes ». Cette grammaire spatiale est inhabituelle au début, mais elle permet une communication précise et concise.

Méthodes d’apprentissage et offres de cours

Il existe différentes façons d’apprendre la langue des signes. Le choix de la méthode appropriée dépend des conditions individuelles, du temps disponible et des objectifs d’apprentissage.

Cours en présentiel dans les universités populaires et les écoles de langue des signes

Les cours en présentiel offrent l’avantage d’une interaction directe et d’un retour immédiat. Les universités populaires de nombreuses villes proposent des cours de langue des signes allemande (DGS) destinés aux débutants et aux apprenants de niveau avancé. Les écoles spécialisées en langue des signes proposent souvent des programmes plus intensifs dispensés par des enseignants natifs issus de la communauté des sourds.

Le contact personnel avec l’enseignant permet de corriger la forme des mains, les enchaînements de mouvements et les expressions faciales. Les erreurs peuvent ainsi être identifiées et corrigées à un stade précoce, avant qu’elles ne s’ancrent. Les échanges avec les autres apprenants favorisent également les progrès, car des partenaires d’entraînement sont disponibles pour les situations de dialogue.

Cours en ligne et ressources pédagogiques numériques

Les cours en ligne offrent une grande flexibilité en termes d’horaires et de lieu. Les cours sous forme de vidéos permettent de visionner et d’imiter les signes autant de fois que souhaité. Cette possibilité de répétition est particulièrement utile pour les enchaînements de mouvements complexes. Certaines plateformes proposent des cours en direct par visioconférence, au cours desquels l’enseignant peut observer l’exécution des apprenants et les corriger.

Les simples vidéos préenregistrées sans retour d’information comportent le risque de répéter des erreurs sans s’en rendre compte. Une combinaison d’apprentissage en ligne et de séances en présentiel ponctuelles (apprentissage mixte) permet de concilier les deux avantages. Les applications et les dictionnaires numériques sont très pratiques pour consulter des informations et réviser son vocabulaire, mais ne doivent pas constituer la seule source d’apprentissage.

Auto-apprentissage et stratégies d’entraînement

En complément des cours, un auto-apprentissage régulier est important. S'entraîner devant un miroir ou la caméra d'un smartphone aide à contrôler sa propre exécution. Des fiches avec des images de signes ou des entraîneurs de vocabulaire numériques facilitent la mémorisation de nouveaux signes.

Pour les personnes souffrant d’une perte auditive et communiquant au sein de leur famille, l’apprentissage collectif de la langue des signes peut être un véritable enrichissement. L’implication des membres de la famille facilite la mise en pratique au quotidien et crée une base de communication commune.

Pratique et communauté

C’est en l’utilisant que la langue prend vie. Le contact avec la communauté des sourds et l’utilisation active de ce qui a été appris sont déterminants pour la réussite de l’apprentissage.

Contact avec la communauté des sourds

La communauté des sourds est le lieu naturel pour mettre en pratique et approfondir les connaissances acquises. Les associations de sourds, les réunions régulières ou les manifestations culturelles offrent des occasions de rencontre. De nombreuses associations accueillent volontiers les apprenants, à condition qu’ils manifestent un réel intérêt pour la langue et la culture.

Les échanges avec des locuteurs natifs accélèrent considérablement le processus d’apprentissage. La fluidité et le naturel de la communication se développent avant tout grâce à une pratique régulière. Parallèlement, ces contacts permettent de mieux comprendre la culture et les perspectives des personnes sourdes.

Surmonter ses appréhensions

De nombreux apprenants hésitent à mettre en pratique leurs connaissances encore limitées. La peur de se tromper est compréhensible, mais elle fait obstacle aux progrès. Les erreurs font partie du processus d’apprentissage et sont accueillies avec compréhension par la plupart des locuteurs natifs, dès lors qu’il est évident que la personne fait de sérieux efforts.

Le passage de la compréhension passive à la langue des signes active demande du courage. S’exprimer visuellement peut sembler étrange au début. Cependant, avec la pratique, la confiance en soi grandit et la communication devient plus fluide.

Aspects culturels et respect

Apprendre la langue des signes, c’est aussi s’immerger dans une culture. La culture des sourds possède ses propres valeurs, normes et codes de conduite. Le contact visuel direct est indispensable dans la communication en langue des signes et n’est pas considéré comme impoli. Les interruptions fonctionnent différemment de ce qui se passe en langue parlée, par exemple par un signe de la main ou un léger contact physique.

Faire preuve de respect, c’est aussi reconnaître l’autonomie de cette langue et ne pas chercher à l’aligner sur la langue parlée. Les personnes sourdes sont les expertes de leur langue, et les apprenants ont tout intérêt à respecter cette expertise et à en tirer profit.

Domaines d’application spécifiques

Selon la motivation et le domaine d’application, certaines spécialisations peuvent s’avérer utiles. Des contextes professionnels à la communication avec la petite enfance, il existe différents axes prioritaires.

Signes techniques pour le travail et la vie quotidienne

Il existe des signes spécialisés pour certains domaines professionnels. Dans le secteur médical, les soins infirmiers ou l’éducation, un vocabulaire spécifique est nécessaire pour transmettre avec précision des contenus techniques. Les cours de langue des signes à vocation professionnelle s’adressent aux professionnels qui travaillent avec des personnes sourdes.

Dans le milieu professionnel en général, la maîtrise de la langue des signes peut également s’avérer précieuse, par exemple pour une collaboration inclusive avec des collègues sourds. Dans ce contexte, il est également important de connaître les procédures de demande d’interprètes et le cadre juridique applicable.

La langue des signes avec les enfants

La communication chez le jeune enfant peut être facilitée par des signes simples. Les « signes pour bébés » permettent aux tout-petits de s’exprimer avant de savoir parler. Pour les familles ayant des enfants malentendants, des cours spéciaux de langue des signes à domicile offrent la possibilité d’apprendre ensemble dans un cadre familial.

Des éléments ludiques, des chansons et des comptines facilitent l’accès des enfants à la langue des signes. Le contact précoce avec la communication visuelle peut avoir une influence positive sur le développement linguistique et cognitif.

Les nombres, les heures et d’autres thèmes spécifiques

Le système numérique de la langue des signes allemande (DGS) obéit à ses propres règles. Les nombres cardinaux, les nombres ordinaux, les montants d’argent et les heures sont représentés différemment. Les nombres plus élevés nécessitent parfois des formes de mains complexes, qui doivent être apprises de manière systématique. Les indications géographiques, telles que les noms de villes, ont également leurs propres signes, qui peuvent varier selon les régions.

Pour les personnes utilisant des aides techniques destinées aux malentendants , la langue des signes peut constituer un complément précieux à ces aides techniques. La combinaison de différents moyens de communication élargit les possibilités au quotidien.

Ressources et étapes suivantes

Une fois les bases de la langue des signes acquises, de nombreuses possibilités s’offrent à vous pour approfondir vos connaissances et vous spécialiser.

Certificats et qualifications

Pour les personnes souhaitant mettre à profit leurs compétences en langue des signes dans le cadre professionnel, il existe différentes possibilités de certification. Les examens basés sur le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) permettent une évaluation standardisée du niveau linguistique. Les formations d'interprète en langue des signes exigent des connaissances approfondies et plusieurs années d'expérience.

Apprentissage continu

Les langues évoluent, et la langue des signes est elle aussi une langue vivante. De nouveaux termes apparaissent, les expressions évoluent. Le contact permanent avec la communauté linguistique et une formation continue régulière permettent de maintenir ses connaissances à jour. Des cours de perfectionnement, des ateliers sur des thèmes spécifiques ou des manifestations culturelles offrent des occasions d’élargir et d’approfondir ses acquis.